Instabilité de la cheville
On évoque une instabilité de la cheville lorsque les ligaments qui assurent son maintien et sa solidité ne remplissent plus correctement leur fonction.
Les personnes concernées ressentent souvent une cheville fragile, peu fiable, parfois douloureuse, notamment lors de la marche. Cette sensation peut devenir persistante et engendrer une certaine appréhension : la peur que la cheville se dérobe à tout moment, y compris pendant des activités simples du quotidien comme marcher.
Cependant, les conséquences de cette instabilité ne s’arrêtent pas là. Les patients peuvent également rencontrer plusieurs complications, parmi lesquelles :
-
des entorses à répétition
-
une apparition précoce d’arthrose au niveau de la cheville
-
une diminution de la qualité de vie
-
des difficultés dans le cadre professionnel
-
un risque accru de développer de l’obésité, des maladies cardiovasculaires ou du diabète, en raison d’une baisse de l’activité physique
L’instabilité de la cheville est aussi couramment appelée laxité ou hyperlaxité ligamentaire de la cheville.

Causes et facteurs de risques
La stabilité de la cheville repose habituellement sur plusieurs éléments : les ligaments (internes et externes), les tendons, ainsi que la bonne congruence entre les os de l’articulation.
Lorsque les ligaments ne remplissent plus correctement leur rôle de maintien, la cheville devient instable. On parle alors de laxité ou d’hyperlaxité.
Selon l’origine du problème, on distingue différents types d’instabilité :
L’instabilité chronique de la cheville
Elle survient souvent à la suite de blessures mal consolidées. Après une entorse, il arrive que les ligaments ne cicatrisent pas totalement — ce qui concerne environ un cas sur trois. Une prise en charge insuffisante ou une reprise trop rapide des activités peut empêcher une guérison complète.
En effet, la douleur disparaît souvent avant que les tissus soient totalement réparés, ce qui pousse certaines personnes à solliciter à nouveau leur cheville trop tôt. Progressivement, cette situation peut entraîner une laxité persistante qui s’installe dans le temps.
Par ailleurs, certains facteurs anatomiques peuvent compliquer la récupération, comme un pied creux, une différence de longueur entre les jambes ou un appui du pied vers l’intérieur.
L’instabilité constitutionnelle de la cheville
Dans certains cas, l’hyperlaxité n’est pas liée à une blessure, mais à une prédisposition naturelle. Certaines personnes ont des ligaments plus souples que la moyenne, en raison de leur constitution génétique.
Cette élasticité excessive peut fragiliser la cheville et altérer sa stabilité, même sans traumatisme initial important.
Les symptômes
L’instabilité chronique de cheville ne s’accompagne pas systématiquement de douleurs. Elle se manifeste avant tout par une sensation de lâchage, d’insécurité ou de laxité articulaire, traduisant un défaut de contrôle et de stabilisation de l’articulation.
Au quotidien, cette instabilité fonctionnelle peut se traduire par :
-
une gêne persistante lors de la marche ou de la course, avec une appréhension à l’appui ;
-
une tendance aux entorses récidivantes ;
-
une limitation dans la pratique de certaines activités sportives nécessitant des changements d’appui, des pivots ou des impulsions (sports collectifs, sports de raquette, etc.) ;
-
un déséquilibre postural global lié aux compensations mises en place pour sécuriser l’appui.
En l’absence de prise en charge adaptée, cette instabilité peut évoluer vers une aggravation progressive, avec un risque accru de lésions ligamentaires répétées et de troubles biomécaniques secondaires.
Une évaluation précoce par un professionnel de santé est donc recommandée dès l’apparition des premiers signes, afin de mettre en place une prise en charge ciblée et prévenir l’installation d’une instabilité chronique.


Les traitements
La prise en charge de l’instabilité chronique de cheville repose en première intention sur un traitement conservateur visant à restaurer la stabilité fonctionnelle et à prévenir les récidives.
Le traitement médical associe des mesures de stabilisation externe et une rééducation ciblée. Le recours à des dispositifs orthopédiques tels que le strapping, la chevillière ou le port de chaussures montantes permet de sécuriser l’articulation lors des activités à risque.
Les orthèses plantaires peuvent également être indiquées, notamment lorsqu’elles intègrent un élément de stabilisation latérale, afin d’optimiser le contrôle de l’appui et de limiter les mouvements d’inversion.
Dans certaines situations douloureuses, des infiltrations de corticoïdes peuvent être proposées pour réduire les phénomènes inflammatoires, bien que leur indication reste encadrée.
La rééducation fonctionnelle constitue un pilier essentiel du traitement. Elle vise à renforcer les muscles stabilisateurs de la cheville, améliorer la proprioception et restaurer un contrôle neuromusculaire efficace, indispensable à la prévention des entorses récidivantes.
Malgré une prise en charge bien conduite, une évolution défavorable peut être observée chez certains patients, avec persistance de la laxité et risque de dégradation progressive de l’articulation pouvant conduire, à long terme, à une arthrose de cheville.
Dans ces situations, ou en cas d’échec du traitement conservateur, une prise en charge chirurgicale peut être envisagée. Elle repose le plus souvent sur une ligamentoplastie, dont l’objectif est de réparer ou reconstruire les ligaments lésés afin de restaurer la stabilité mécanique de la cheville et permettre un retour à une fonction optimale.
